Parmi les 25 millions de civils exclus se trouvent les indépendants, les domestiques et les travailleurs agricoles ainsi que 7 millions d’employés gouvernementaux de tous les niveaux. Selon le document, ils ne jouissent d’aucun droit de négociation tant sur leurs heures de travail que sur leur salaire, ni sur les dispositions générales de leur contrat.

Et ceux qui ont le droit de se syndiquer peuvent subir des discriminations antisyndicales, faute de protection juridique.

Droits humains : crédibilité ternie

« La crédibilité des Etats-Unis, qui soutiennent fermement les droits humains, est sévèrement ternie par le manque de protection des travailleurs, surtout les plus vulnérables, sur son propre territoire », déclare Guy Ryder, secrétaire général de la CISL. Et de déplorer que cet exemple incite d’autres pays, en cherchant un avantage concurrentiel, à violer les droits de leurs travailleurs.

La liste est bien longue et comprend des violations des conventions internationales relatives à la protection de l’enfant et aux travailleurs migratoires.

Un jugement de 2002 par la Cour suprême, par exemple, a décidé que les travailleurs sans papiers n’ont droit ni aux arriérés de paie ni à une réinsertion sur le lieu de travail suite à un licenciement abusif.

Les enfants sont parmi les plus touchés, malgré la ratification des Etats-Unis de la Convention No. 182 du BIT, qui vise à protéger le travail des enfants. Pis, les conditions de ceux-ci ne cessent de détériorer au fur et à mesure que les règlements relatifs à la sécurité sont annulés pour permettre aux plus jeunes de faire les boulots les dangereux.

Tim Noonan, directeur des campagnes et des communications de la CISL, indique que ces violations ne datent pas d’hier et cite les plaintes déposées auprès du BIT qui traitent de la liberté d’association et du droit de négocier une convention collective. Le document de la CISL cite des menaces proférées aux sans papiers pour les empêcher de se syndiquer, et le BIT cite l’opposition de la part du patron pour expliquer le faible taux de syndicalisation dans le pays.

Malgré de vives critiques et des efforts acharnés de la part du mouvement syndical états-unien, selon Noonan, « les lois et les pratiques de l’administration Bush sont si fortement discriminatoires contre les syndicats que la capacité de ceux-ci à s’organiser, mener des campagnes et faire du lobbying est bien restreinte. »

Pas de quoi s’étonner si, comme l’indique le rapport, la tendance est est aux normes de plus en plus faibles sous l’administration actuelle.

La CISL regroupe 155 millions de travailleurs membres de 236 organisations affiliées provenant de 154 pays et territoires.

(Traduit et adapté par R.J.P.)